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Idées noires
Lourdes, si lourdes sont
mes paupières
Rompues sur les digues du ciel,
Qui lassées par les vaines prières,
Délestent le flot des silences pluriels,
Pour étreindre des yeux, la lumière
En fugue du vitrail des chapelles.
Mes nuits ne chantent plus
Dans la brillance de l'ombre,
Où s'étouffent mes rêves mis à nus
Sous les gravats et décombres,
Scories de l'amour déchu
Portant bas les couleurs sombres.
Las, si las deviennent les horizons
Défilant derrière le verre
Des fenêtres de nos prisons,
Où se meuvent les pensées délétères
Qui tournent les manèges en rond
Dans des labyrinthes mortifères.
Mes jours ont perdu de leur éclat
Dans les rires que l'on brise
D'un mot où se frisonne le glas,
Dans une larme qui se fossilise
Sur l'ébréché d'un soleil en trépas
Où certains parfois se grisent.
Seule, si seule dans le miroir
Dont l'argent me trace
De nouveaux sillons chaque soir
Sous des lunes aux lueurs de glace
Que mes songes agrippent dans le noir
Pour en consumer toute l'audace...
Avant l'ultime au-revoir...
©Mél
30,06,2011

















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